Lexter vous souhaite une joyeuse St Valentiiiiiin !

On peut être étudiant en Droit et quand même fêter la St-Valentin. Si si.

Ce qui implique au passage qu’on peut être étudiant en Droit et quand même avoir une vie sentimentale épanouie. Si si si. Après je rentre pas dans les détails, c’est vous que ça vous regarde, hein. Néanmoins, pour celles et ceux qui se verraient épargnés par l’Amour, le beau, le vrai, le cher (…), petit tour d’horizon des St-Valentin en mode célib-mais-pas-désespéré. Parce qu’un étudiant en Droit n’est jamais désespéré: il garde son sang-froid en toutes circonstances, et ne flanche pas, même lorsque la perspective d’une centaine de pages de droit des sociétés en taille 9 lui fait annuler tous ses rendez-vous nocturnes alcoolisés. Il les annule calmement, d’une voix suave, avec l’air de celui qui n’a jamais été autant au top de la zen attitude; et le lendemain, on peut lire sur son mur Facebook « le droit des sociétés ma tuer ». S’ensuivent 15 000 coms se résumant plus ou moins à ça: « RIP » ou parfois, à ça: « Ah ouais? Moi chuis trop contente, la prof elle m’a dit que ma présentation était trop top!!! :D xD :)) <3 LOL » (autant te dire que le mec tient le coup jusqu’au <3… mais le LOL, paix à son âme, l’achève).

Voilà, vous êtes donc célibataire, étudiant en Droit, et avec un peu de chance, vous vous prénommez… Valentin. Alors là, c’est VRAIMENT votre fête. Mais je passe sur les « Eh dis donc, joyeuse fête, hein! », parce que c’est trop déprimant (pour vous, pas pour moi, je m’appelle pas Valentin). Ou sinon, vous pouvez aussi être cette fameuse jeune fille célibataire depuis deux jours, mais déjà trop grave super chanmé amoureuse de Keviin, votre « confident ». L’on remarquera fort justement l’incroyable actualité de cette note, qui fait état de l’avancement bien avancé de la langue française. Pour ce qui est de l’avancement de la situation amoureuse de notre célibataire en revanche, je vous avouerai que j’ai pas bien saisi ce qu’il s’est passé entre 10h15: Machine est célibataire, 16h36: Machine est désormais en couple, 17h04: Machine est mariée et « elle est trop canon ma life <3 », 21h45: c’est compliqué (ça, personne n’en doutait), et 00h28: Machine est inexplicablement veuve. Après, si on fait plus dans la St-Valentin pas trop mouvementée, on jette son dévolu sur les sites de rencontre, on papote, on papote, c’est tout mignon, et à un moment, preuve de l’exquise délicatesse de votre interlocuteur, vous recevez ce message, direct, sans ambages… classe: « Salut toi, tu veux voir mon engin? ;) » (très important le ;) c’est ça, ou tu peux aller te pendre avec ta crédibilité).

Personnellement, j’ai mieux: la bonne petite soirée entre potes célibataires. Alors non, c’est pas du masochisme. Ça s’appelle « prendre le contre-pied des comportements imposés / banalisés / radicalisés par la société de consommation de masse, laquelle érige en diktat universel l’obédience des codes détournés de la séduction amoureuse quand votre couple va mal Whaaaa en exclusivité les photos de Brady à la plage !!!!!

Bien, maintenant que vous me comprenez un peu mieux, entrons dans le vif du sujet. Poignée de mains virile, bise fraternelle, accolade chaleureuse, peu importe: dès votre entrée dans les lieux, vous êtes de bonne humeur, votre lune est en Sagittaire, et comme vous êtes Verseau, rien ne pouvait être plus parfait que ce jour de St-Valentin, où vous vous retrouvez entre célibataires assumés et parfaitement décomplexés quant à votre condition d’homme libre. Ainsi vous êtes célibataire et heureux, et vous le montrez (pardon? arrêter de le répéter? bah pourquoi? oui oui non mais non, mais… ok ok… OK!!!).

Musique d’ambiance, éclairage sophistiqué, petits fours du traiteur d’en face (pour ceux qui seraient curieux des nouvelles choses trop hype, l’adresse: Kebab Industry, place Jean-Pierre Coff, Paris 16ème)… bref, votre hôte s’est mis en quatre pour vous recevoir. La facture fait de même. Votre portefeuille aussi, mine de rien. Mais en silence, car il sait tout des vertus de son propriétaire étudiant en droit, qui jamais ne désespère.

Imaginez la scène, y a votre bon pote, l’est marrant lui, c’est cool quand il est là, bon il s’avale la moitié du repas à lui tout seul (sur vos deniers, quand on y réfléchit), mais ça va il est marrant: donc c’est cool. Ah et puis y a le roux; trèèès bien ça, très très bonne idée de l’avoir invité, on va pouvoir vanner un peu, et pour une fois, ce sera pas vous: donc c’est cool. Un coup de coudes dans les côtes, et le wesh wesh de la bande s’installe à votre place. Lui, il est admis dans votre groupe non pas parce qu’il s’est imposé avec force virulence et moult regards revolver, mais pour prouver que vous êtes des gars sympathiques et hyper ouverts et tolérants, d’ailleurs ça plaît aux filles. Et au fond, il n’est pas cette brute que tout le monde craint, non non, c’est un dur au cœur tendre: donc c’est cool. Mais vous choisissez quand même d’aller poser votre séant un peu plus loin.

Séant que vous relevez aussitôt, dans une impulsion soudaine et inattendue, car vous ne l’aviez pas remarqué, occupé que vous étiez à surveiller vos arrières (oui, on parle beaucoup de derrière, ici) parce qu’un coup de coude dans les côtes arrive rarement seul. Quoiqu’il en soit, vous vous êtes retrouvé sur les genoux de votre ami gay, par inadvertance, ainsi que vous tentez de le lui expliquer. A la base, c’est le genre de pote bien pratique, il en connaît plus sur les filles que vous autres, et c’est un peu chez lui que vous squattez tous les week-ends… mais vous vous méfiez de ses regards en coin, tel que celui qu’il vous lance depuis l’autre bout de la pièce. Toutefois, votre suspicion a des limites, celles que vous impose votre estomac, alors vous contournez Wesh wesh, Rouquin des bois, et Petit Gaydar, pour aller déguster votre kebab.

Le repas fini, reste à déterminer à quel genre d’activités vous allez bien pouvoir vous adonner. L’idée brillante de l’année, vous la devez à votre ami le roux, qui décrète solennellement que non, pas de télé ce soir. Histoire d’éviter la comédie romantique sur TF1, l’émission de talk show sur Fr 2 (parce que c’est juste pas regardable), le grand rendez-vous des amoureux sur Fr 3, le documentaire animalier proposé par Arte sur la science de la séduction chez nos amies les bêtes, et le porno romantico-intellectuel de Canal Plus. L’ennui, c’est que vous ne parvenez pas non plus à vous mettre d’accord sur une partie de GT 4 (refus formel opposé par le maître des lieux qui ne jure que par Just Dance 2… mais vous, moyen); pas plus d’enthousiasme pour une séance improvisée de spiritisme (votre bon pote semble persuadé que son ex pourrait le contacter par ce biais); éclat de rire général lorsque vous suggérez de converser, pas comme des filles, hein, mais juste comme ça, bref non, vous n’insistez pas davantage après leurs réactions.

Évidemment, vous finissez par vous regarder les uns et les autres dans le blanc des yeux, silences gênés, sourires crispés. C’est là que Wesh wesh, jamais à court d’idées, vous lance avec nonchalance: « Faut vraiment qu’on se motive pour trouver des meufs. »

Quelqu’un a dit « désespéré »? Santé.

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