Le pragmatisme féminin …

On attribue tous une sonnerie déterminée sur nos portables à un contact en particulier. Ce peut-être le générique de Dr House pour un parent médecin, Lemon tree pour une personne que l’on apprécie tout particulièrement ou encore Memories pour une amie jet setteuse. Aussi, lorsque dans la salle d’embarquement de l’aéroport J.-F K. de New York, retentit sur mon iPhone la Marche impériale de Star Wars, je sus immédiatement que le rédacteur en chef du journal n’allait pas m’annoncer une bonne nouvelle. Ce fut effectivement le cas puisque je devais lui envoyer un article avant la fin de la journée, soit trouver un thème et rédiger quelques lignes en un délai de neuf heures et vingt minutes… A côté de cela, faire le commentaire comparé de décisions rendues par l’Autorité de la concurrence sur l’attribution du qualificatif de fromage à pâte pré-cuite pour le brie de la Creuse ne présentait aucune difficulté particulière.

J’ai donc rejoint ma petite amie Ombeline, juste à côté d’une hôtesse blonde aux yeux bleus répondant au doux nom d’Olga. Ne pensez pas que je compare tout le temps Ombeline avec les autres filles (les autres n’arrivent pas à la cheville de ma copine aux jambes aussi hautes que la Tour Eiffel !) mais devant rédiger un article rapidement, je me devais de chercher l’inspiration un peu partout. L’idée me vint alors lorsque je vis Ombeline ranger son iPhone dans son sac à main qu’elle portait au coude. Je me suis alors rappelé son statut facebook, qui remontait pourtant à quelques semaines, dans lequel elle disait « l’aime[r] sur le pouf du salon », ledit pouf n’existant à vrai dire dans notre salon (oui, parce que depuis cet été, nous avons emménagé ensemble !) que pour supporter ledit sac à main lorsque ma moitié rentre de cours le soir.

Néanmoins, si l’idée semblait intéressante d’enfin percer le mystère du sac à main féminin, il n’en demeurait pas moins vrai qu’il n’était absolument pas envisageable de fouiller dans le sac à main Marcie de chez Chloé que j’avais offert à Ombeline pour son anniversaire (oui, parce que George sait faire plaisir aux femmes !). Règle universelle: un homme ne doit jamais fouiller dans le sac d’une femme, et ce même s’il en meurt d’envie ou si la situation l’exige! Celui-ci est en effet le prolongement de celle qui le porte fièrement au coude ou nonchalamment en bout de bras. Après tout, les filles se jugeant au départ entre elles par le sac qu’elles portent, ce dernier fait partie intégrante de leur personnalité. Pour ma part, et pour le bien être de mon couple, je ne m’aventurerai jamais dans cette entreprise car cela comporte beaucoup trop de risques que je ne suis définitivement pas prêt à assumer et également parce que je ne supporte pas la spéléologie. Cependant, je dois reconnaître que je connais un peu le contenu dudit sac, soit en ayant vu Ombeline à l’œuvre soit parce que ma petite sœur Marion a un jour dû renverser le contenu du contenant en cherchant une pince pour ses cheveux dans un sac avoisinant au minimum les quarante kilos à vide.

Une fois installé dans l’avion qui devait nous ramener en France après quelques jours passés à faire du shopping ou à s’exclamer au sommet de l’Empire State Building, l’hôtesse blonde-aux-jambes-interminables-mais-néanmoins-beaucoup-moins-jolie-que-ma-petite-amie-Ombeline nous a donné un magazine pour patienter avant le décollage. Si le fait de voler avec une compagnie allemande procure un sentiment de sécurité infini (le jour où la technologie allemande cessera d’être infaillible, alors le monde ne tournera plus rond !), il peut être utile de connaître la langue de Goethe pour comprendre les revues vantant le charme de la Rhénanie du Sud. Ombeline, qui avait réussi à obtenir le côté hublot après des négociations finement menées, car désirant admirer la vue pendant la totalité du vol, sortit The New Yorker acheté peu de temps auparavant tandis que je jetai un coup d’œil avisé à la dernière collection de Victoria’s Secret, sous l’œil attentif et méfiant de ma copine.

Quelques heures plus tard, alors que nous survolions le néant de l’Atlantique et que Ombeline dormait la tête contre le hublot (!), faisant ce petit sifflement aigu qui s’apparente à ce que de nombreuses personnes appellent communément un « ronflement », et en voyant le sac à main posé à ses pieds, je me suis de nouveau posé la question concernant son contenu. Tous les hommes en ont cependant une vague idée, ayant dû attendre dans le froid sur le pas de la porte après une soirée cinéma qu’elle retrouve les clés pourtant accrochées à six peluches alors que la température extérieure avoisinait les moins cinq degrés et que la neige tombait à gros flocons… Qui n’a jamais vu de filles mettre une lampe frontale pour aller à la recherche du portefeuille caché au fond du sac, reverser le contenu sur la table d’un café pour payer l’addition ou pestant car n’arrivant pas à trouver le portable alors que celui-ci sonne et vibre tout ce qu’il peut avant de finalement sortir le doudou de la petite perdu depuis six mois (le doudou, pas la petite !)… En fait, je crois que le sac d’une fille est assez mystérieux. Il y a plein de choses à l’intérieur et c’est un peu (beaucoup ?) comme sa maison.

Il y a quelques années, une question posée au concours d’entrée à l’école Polytechnique consistait à savoir comment une fille pouvait faire pour mettre autant de choses dans un sac à main, sachant par ailleurs que le volume de contenance est généralement supérieur au volume de l’objet propre… (à noter qu’une épreuve de rattrapage a dû être proposée aux candidats de sexe masculin a posteriori).

Quels peuvent bien être les trésors cachés dans ces intrigants bagages à mains dont les filles ne se séparent jamais ? Par ailleurs, leur contenu est-il vraiment indispensable, sachant que dans le même temps l’homme n’a besoin que de ses clés, son portable et son portefeuille ? Qu’ont elles donc vraiment besoin pour survivre dans la jungle cruelle qu’est Paris, New York, Londres, St Sulpice les Champs dans la Corrèze ou Castelnau-Barbarens dans le Gers ?

Je crois qu’en fait, les femmes sont beaucoup mais alors beaucoup plus pragmatiques que nous et sont devenues expertes de la prévoyance, du « on-sait-jamais-si-ça-doit-arriver-tu-seras-bien-content-d’avoir-ça-sous-la-main »… Avec elles, en plus du minimum nécessaire cité plus haut, les femmes emportent de quoi faire face à tout type de situation: trousse de maquillage (dans le but avoué de faire disparaître ce petit bouton sur leur petit nez avant un rendez vous avec l’homme de leur vie, même si elles n’ont que quinze ans …), une bombe lacrymogène (au cas où l’homme de leur vie se montrerait trop entreprenant, même à quinze ans …), des lunettes de soleil (pour faire leur star et protéger leurs yeux ou pour cacher leur tristesse après une dispute avec l’homme de leur vie, même à quinze ans …), un livre pour passer le temps dans le métro en se rendant à la fac (et oui, les filles peuvent lire du Nietzsche ou du Tolstoï dans le texte, même à 7h du matin, même à quinze ans !), des lunettes de vue pour déchiffrer ledit livre, quelques tampons jetés nonchalamment au fond du sac (au cas où !), une petite (comprendre disproportionnée !) trousse à pharmacie au cas où leur homme se ferait mal en s’ouvrant le doigt avec une enveloppe… (je dois avouer que dans ce dernier cas, on ne trouve rien à redire quant au contenu dudit sac !).

Comme me l’a un jour dit Ombeline, le sac d’une femme peut être considéré comme étant la capacité à anticiper et à gérer l’imprévu. D’où le surplus de 80 kilos emportés dans chaque sac, permettant ainsi de voir d’innombrables jeunes filles accroupies dans la rue cherchant les clés de leurs appartements ou de leurs voitures qui ont décidées de se cacher tout au fond du sac, sachant qu’il faudra réitérer la même opération peu de temps après pour, cette fois ci, trouver le portefeuille ou le portable qui a décidé de (re)sonner (oui, le portable des filles sonne ou vibre beaucoup plus souvent que celui des hommes, c’est un fait !).

Si l’idée maitresse réside dans le fait que ce n’est pas vraiment la taille du sac qui compte mais la volonté de le remplir, Ombeline peut ainsi être comparée à la fourmi de la fable de la Fontaine, faisant des réserves et prenant tout avec elle comme si la fin du monde était prévue pour la journée à venir … Mais impossible de savoir pourquoi elles emmènent tout avec elles, ma copine m’ayant simplement sourit en me regardant avec ses beaux yeux verts et en me répondant que « cela faisait partie des mystères et des charmes de la femme » …

Parfois, les filles changent de sac à mains et font un tri important en jetant alors des tickets de restaurants ou de métro datant de plus de huit mois, des vieux mouchoirs ou des élastiques qui ne tiennent plus grand chose et font ainsi de la place pour que nous, les hommes, puissions leur donner nos propres affaires quand nous nous retrouvons (pris au piège !) à faire du shopping avec elles …

Je terminerai cet article en citant une de mes amies qui a eu l’audace de me répondre honnêtement en m’affirmant que « finalement, le sac à main est à la femme ce que la bourse est à l’homme: ça pendouille, c’est toujours plein à craquer, on peut vivre sans, mais quand on n’en a pas, on se sent vraiment démunie… »

George C.

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