Interview de M. Vincent ROULET

Entretien réalisé à la rentrée 2010


  • Monsieur Roulet, dans un premier temps nous vous remercions d’avoir accepté de nous recevoir. Vous êtes nouveau dans notre faculté, nous souhaitions vous rencontrer afin d’avoir l’occasion de vous connaitre. Ainsi, pour débuter quel est votre parcours ?

 « J‘ai accompli l’ensemble de mes études à l’Université Panthéon-Assas, Paris II. Après un Master I de Droit social et un Master I de Droit des affaires, j’ai intégré le Master II Droit et Pratique des Relations de Travail dirigé par le Professeur Teyssié. Ce master est en alternance tout comme le MAJE*. J’ai effectué mon apprentissage dans l’entreprise Mercer, cabinet spécialisé en courtage d’assurances collectives. A la suite de mon Master II, j’ai poursuivi en thèse sous la direction du Professeur Teyssié, à cheval entre l’Université et l’entreprise, toujours chez Mercer. Ma thèse portait sur « L’opération d’assurance dans la rémunération des salariés ». J’ai soutenu en novembre 2009.»

  • Vous êtes donc jeune docteur, pourquoi avoir choisi l’université François Rabelais de Tours ?

 « C’est effectivement ma première année en tant que maître de conférences. Je fus cependant chargé de TD à Paris II pendant les cinq années de doctorat. Quant à ma venue à Tours, je n’oublie pas, avant tout, que si j’ai le plaisir d’être ici, c’est en raison de la confiance que m’a accordée la faculté. Cette confiance implique, pour moi, des responsabilités. Quant aux raisons qui m’ont conduit à accepter le poste, elles sont au nombre de trois (peut-être quatre). D’abord, la Faculté de Droit de Tours est une faculté active, composée d’universitaires qui exercent une importante activité de recherche. Il suffit, pour s’en rendre compte, de suivre les nombreux colloques organisés chaque année. De l’extérieur, le dynamisme est perceptible. Ensuite, c’est une faculté qui propose à ses étudiants des formations de haut niveau, reconnues au plan national. C’est une chance que les étudiants tourangeaux doivent saisir et c’est une opportunité pour un jeune maître de conférences que d’intégrer des équipes qui ont démontré leur savoir-faire. On en arrive à la troisième raison. Daniel Langé, Martin Oudin et Jean-François Cesaro ont bâti une excellente formation aussi bien dans la mention « commerce et finance » que dans la mention « relations de travail ». Le Professeur Cesaro étant conduit à retourner auprès de l’Université dans laquelle il avait soutenu sa thèse, la direction du groupe « relations de travail » était vacante. L’opportunité de reprendre le M2 Juriste d’entreprise mention relations de travail, un des meilleurs de sa spécialité, était un réel privilège, surtout en début de carrière. Sur les 43 étudiants du MAJE, 40 ont déjà un apprentissage et les 3 derniers sont en  passe d’en avoir un. Dans ce master et dans la faculté en générale existe un lien très fort entre l’université et l’entreprise. Ce lien est essentiel pour vous qui, à très court terme, devrez vous élancer dans la vie professionnelle. Il permet un passage « en douceur » avec le monde professionnel et une entrée efficace dans la vie active. Dernière (4ème) raison, l’environnement : Tours est situé dans une belle région, riche en histoire et… dotée d’excellents vins! »

  • Nous avons pu remarquer que vous interveniez dans la quasi-totalité des années. Quelles sont donc les matières que vous enseignez ?

« J’interviens en effet en L1, L2, M1 et M2. Avec les L1 j’enseigne le droit civil, les L2 le droit pénal, les M1 le droit bancaire et les M2 le droit du travail : je suis avant tout un spécialiste du droit du travail.  C’est très intéressant, pour l’enseignant qui arrive, de voir toutes les années d’étude. Cela permet de connaître plus rapidement les étudiants et l’université. »

  • Pourquoi ces matières ?

« D’abord, ce sont des matières que j’ai déjà eu l’occasion d’enseigner en tant que chargé de TD à Assas. Ensuite, ce sont des matières diverses qui, ensemble, permettent d’avoir une large vue du droit. Avant d’être spécialiste en droit du travail, en droit civil ou autre, nous sommes enseignants en droit privé et sciences criminelles. Nous devons nous intéresser à l’ensemble des disciplines. A tout le moins nous devons essayer. Et les étudiants aussi ! »

  • Ensuite, avez-vous des projets dans l’Université ?

« Tout d’abord les projets qu’organise le MAJE via la Junior Entreprise. Certains touchent toute la faculté comme le concours de plaidoiries MAJ’ELAN ou le prix Francis Lefebvre organisé à l’occasion des examens et qui vise à récompenser les meilleurs étudiants. Ensuite des événements dont le MAJE prend l’initiative et qui se réalisent grâce au CRDP** et à la Faculté. Trois manifestations sont prévues :

– Colloque sur un sujet en droit du travail, « le stress au travail » ;

– Colloque sur un sujet en droit des affaires, « la finance islamique » ;

– Colloque sur un sujet réunissant ces deux matières, « les transferts dans le sport ».

J’espère que les étudiants concernés et plus largement l’ensemble des étudiants intéressés suivront ces colloques. C’est l’occasion d’une étude du droit plus approfondie, dans un cadre différent de celui des cours. Dans un autre ordre d’idée, il est nécessaire, de maintenir le niveau du MAJE. A plus long terme, nous pourrions songer à une ouverture vers l’international. Enfin, la communauté des enseignants organise diverses manifestations scientifiques ; il est important pour moi de proposer ma contribution à ces travaux collectifs.

  • Beaucoup d’étudiants se posent une question. En effet, vos étudiants de L1 et L2 vous voient arriver dans l’amphithéâtre en robe d’universitaire. Pourquoi revêtez-vous votre robe pour les cours ?

« La robe est une façon de redonner un peu de solennité au cours, à l’Université, d’essayer de contribuer à revaloriser l’Université en général aux yeux du public. Etudiants et enseignants avons le devoir d’être fiers de la formation que nous recevons et que nous dispensons. La valorisation de l’image de la faculté est importante pour vous qui, demain, chercherez du travail. Vous vous trouverez en concurrence avec des étudiants – notamment ceux des écoles de commerce – qui n’hésitent pas à pratiquer toutes sortes d’opération marketing dont la qualité (réelle) ne correspond pas toujours, loin s’en faut, à la qualité de la formation. Le port de la robe n’est pas, en revanche, une barrière entre les étudiants et le maître de conférences. J’espère qu’à l’occasion ils s’en amusent. Et la porte de mon bureau est (presque) toujours ouverte »

  • Pour finir, aviez-vous déjà entendu parler de notre association ?

« Le Professeur Cesaro m’a vanté les mérites de l’ATED qui selon lui contribue à faire vivre la faculté. J’encourage les associations d’étudiants. A Paris, notamment, je collaborais avec l’association Lysias qui organise des concours de plaidoiries. Je fus de nombreuses fois membre du jury pendant mes années de thèse. Les associations sont importantes : la faculté est un lieu d’étude et… un lieu de vie. »

Nous remercions M. Roulet d’avoir accepté de nous accorder cet entretien et d’avoir pris sur son temps pour nous répondre.

Propos recueillis par Vanessa Mélizi et Fabien Homo

*  Master Juriste d’Entreprise

**    Centre de Recherche en Droit Privé

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